Les varices de la grande saphène font partie des motifs de consultation les plus fréquents en phlébologie. Au-delà de la gêne esthétique, elles peuvent entraîner des symptômes lourds (douleurs, lourdeurs, œdèmes, crampes, complications veineuses). Pendant longtemps, les solutions se résumaient à la chirurgie classique et aux techniques endoveineuses nécessitant une ponction et une insertion de cathéter dans la veine malade.
Depuis quelques années, une approche entièrement différente a fait son apparition : l’échothérapie par HIFU (ultrasons focalisés de haute intensité). Son intérêt ? Traiter la veine à distance, sans incision, sans cathéter, sans effraction cutanée. Parmi les systèmes disponibles, la technologie SONOVEIN® est l’une des plus étudiées, avec une nouvelle génération d’appareils (S, HD) qui améliore notamment la durée des procédures.
Dans cet article, nous faisons le point sur :
- le fonctionnement de ce traitement non invasif,
- sa place par rapport aux autres techniques,
- les données disponibles sur l’efficacité et l’innocuité,
- les limites actuelles et les questions encore en suspens.
⚠️ Cet article est informatif. Il ne remplace pas l’avis d’un phlébologue ou d’un spécialiste. Seul un professionnel de santé peut déterminer le traitement adapté à votre situation.
Rappel : que sont les varices de la grande saphène et pourquoi les traiter ?
La grande veine saphène est l’une des principales veines superficielles de la jambe. Quand ses valves ne fonctionnent plus correctement, le sang a tendance à refluer vers le bas au lieu de remonter vers le cœur. On parle alors d’insuffisance veineuse superficielle.
Ce reflux entraîne progressivement :
- une dilatation de la veine (varice),
- des symptômes de jambes lourdes, douleurs, sensations de brûlure ou de tiraillement,
- parfois des œdèmes, une modification de la peau, voire des complications (ulcères, thromboses).
Traiter une varice de grande saphène, ce n’est donc pas uniquement “enlever une vilaine veine bleue” : c’est aussi corriger un dysfonctionnement du réseau veineux pour soulager les symptômes et réduire le risque d’évolution.
Les traitements classiques : thermiques endoveineux, sclérothérapie et chirurgie
Avant de parler d’échothérapie, il est utile de situer les options classiques de prise en charge :
- Thermique endoveineux (laser, radiofréquence)
- Un cathéter est introduit dans la veine sous contrôle échographique.
- L’énergie (laser ou radiofréquence) chauffe la paroi interne de la veine, qui finit par se fibroser et se fermer.
- C’est aujourd’hui une référence en termes d’efficacité et de durée de résultat pour beaucoup de patients.
- Sclérothérapie (liquide ou mousse)
- Injection dans la veine d’un produit sclérosant qui provoque une inflammation contrôlée de la paroi.
- La veine se ferme progressivement.
- Technique très répandue, notamment pour certaines varices et varicosités.
- Chirurgie (stripping, phlébectomies)
- Techniques plus invasives, encore utilisées dans certains cas, mais souvent réservées à des situations particulières ou à des recours secondaires.
Ces approches ont fait la preuve de leur efficacité, mais elles ont un point commun : elles nécessitent une ponction, parfois une anesthésie plus importante, et impliquent une intervention directement dans la veine (endoveineuse).
L’échothérapie par HIFU : traiter la veine à distance, sans la ponctionner
L’échothérapie appliquée aux varices repose sur l’utilisation d’ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU). L’idée est de concentrer l’énergie ultrasonore sur un point précis de la veine, pour générer un échauffement localisé qui va conduire à la destruction contrôlée de la paroi veineuse.
Comment cela se déroule-t-il ?
De manière simplifiée :
- Le patient est installé sur une table, la jambe à traiter positionnée sur le module de traitement.
- Le médecin visualise la veine à l’échographie en temps réel.
- Le système HIFU (par exemple SONOVEIN®) focalise les ultrasons sur de petites portions de veine (segment par segment).
- Chaque tir provoque un impact thermique précis : la paroi se réchauffe, les cellules sont détruites localement, entraînant à terme la fermeture de la veine traitée.
Tout se fait à travers la peau, sans cathéter, sans incision, avec uniquement un couplage entre l’appareil et la peau (gel et membrane).
C’est ce caractère non invasif qui fait tout l’intérêt de la technique :
- pas de ponction veineuse,
- pas de fibre à insérer,
- pas besoin de salle d’opération dédiée dans le même sens qu’une chirurgie.
La technologie SONOVEIN® : une référence de l’échothérapie veineuse
Parmi les dispositifs HIFU disponibles pour la phlébologie, SONOVEIN® est l’un de ceux qui ont été le plus documentés. Les premières versions ont montré que l’on pouvait obtenir :
- un taux d’occlusion élevé sur les veines grandes saphènes et certaines veines perforantes incontinentes,
- un profil d’innocuité compatible avec une intégration en pratique interventionnelle,
- un schéma de traitement entièrement non endoveineux.
La nouvelle génération d’appareils (SONOVEIN® S et HD) a été développée pour :
- gagner du temps sur la durée des procédures,
- améliorer le confort d’utilisation pour le médecin,
- optimiser la précision de la délivrance d’énergie.
Dans les séries de cas publiées, on observe :
- une occlusion immédiate de la veine traitée dans la grande majorité des cas,
- un maintien de cette occlusion lors des contrôles à moyen terme (jusqu’à 12 mois dans les séries les plus récentes),
- une réduction très nette du temps nécessaire par centimètre de veine traitée avec les nouvelles générations par rapport à la première.
Les chiffres exacts varient selon les études et la sélection des patients, mais la tendance est très claire : la courbe d’apprentissage et l’optimisation technologique permettent d’envisager une utilisation de plus en plus routinière, y compris en cabinet spécialisé bien équipé.
Efficacité : que peut-on attendre en pratique ?
Les résultats rapportés dans les études et séries de cas mettent en avant :
- des taux de fermeture de la grande saphène très élevés en post-traitement immédiat,
- une stabilité de cette occlusion lors des suivis à 6 et 12 mois dans les cohortes disponibles,
- une amélioration des symptômes (lourdeurs, douleurs, gêne fonctionnelle) chez une grande partie des patients.
Il est toutefois important de garder à l’esprit plusieurs points :
- La majorité des données provient encore de séries de cas et d’équipes expertes.
- Le recul à long terme (au-delà de 3–5 ans) reste limité par rapport aux grands classiques comme le laser endoveineux ou la radiofréquence.
- Les études comparatives directes (HIFU vs autres techniques thermiques ou sclérothérapie) sont encore peu nombreuses.
Autrement dit, l’échothérapie par HIFU apparaît comme une alternative sérieuse et prometteuse, mais elle n’a pas encore le même volume de preuves accumulées que des traitements plus anciens.
Tolérance et douleur : un profil intéressant, mais perfectible
Sur le plan de la tolérance, l’intérêt du HIFU est évident : pas de ponction, pas de fibre dans la veine, pas de tumescence à injecter tout au long du trajet… en théorie, cela pourrait être synonyme de douleur très limitée.
Dans la réalité, les séries de cas montrent :
- un profil de tolérance globalement bon,
- mais une douleur per-procédure qui peut rester significative chez certains patients,
- avec parfois le besoin de recourir à une anesthésie locale par tumescence sur certains segments pour améliorer le confort.
Les évaluations de la douleur (type EVA) montrent en général des scores modérés, mais pas nuls. On est souvent dans une zone “acceptable pour la plupart des patients”, surtout si l’on compare à certaines procédures thermiques plus lourdes.
Il faut également tenir compte de la sensibilité individuelle :
- certaines personnes tolèrent très bien les impacts ultrasonores,
- d’autres ont besoin d’un accompagnement plus appuyé (explications, anxiolyse, voire anesthésie locale plus large).
Les industriels et les équipes cliniques continuent de travailler à l’optimisation des paramètres (énergie, durée, cadence) pour améliorer encore cette tolérance.
Durée de procédure : un point clé pour l’intégration en pratique quotidienne
L’un des reproches souvent faits aux premières générations de HIFU veineux concernait la durée : traiter une grande saphène pouvait prendre beaucoup plus de temps qu’un laser ou une radiofréquence.
Les nouvelles versions, comme SONOVEIN® S/HD, ont clairement amélioré ce point avec :
- une réduction importante du temps moyen par centimètre de veine traitée,
- la possibilité d’envisager le traitement dans un créneau standard de consultation interventionnelle,
- une meilleure ergonomie pour l’opérateur.
Ce gain de temps n’est pas qu’un confort : c’est un critère décisif pour que la technique soit adoptée au quotidien, en dehors des centres pionniers. Plus la procédure est maîtrisable en termes de durée, plus elle a de chances de trouver sa place dans la routine des phlébologues interventionnels.
Pour quels patients l’échothérapie peut-elle être envisagée ?
La sélection des patients relève toujours du jugement du phlébologue, après un bilan clinique et écho-Doppler complet. De manière générale, l’échothérapie par HIFU est particulièrement intéressante dans certaines situations :
- patients réticents aux ponctions ou aux techniques endoveineuses classiques,
- anatomies veineuses où l’introduction d’un cathéter est délicate,
- cas nécessitant une solution vraiment non invasive,
- souhait de traiter en ambulatoire dans un contexte de cabinet spécialisé bien équipé.
À l’inverse, certaines situations peuvent rendre la technique moins adaptée (position de la veine par rapport à la peau, profondeur, contraintes techniques, contre-indications spécifiques). C’est pourquoi un bilan personnalisé reste incontournable.
Limites actuelles et perspectives
Même si les résultats sont très encourageants, plusieurs limites doivent être soulignées :
- manque de recul à long terme par rapport aux techniques historiques,
- nécessité d’études multicentriques avec de plus grands effectifs,
- besoin de comparaisons directes avec les références (laser, radiofréquence, sclérothérapie),
- coût de l’équipement, qui peut freiner une diffusion rapide dans certains contextes.
Les travaux en cours vont dans ce sens : suivre les patients sur plusieurs années, multiplier les équipes utilisatrices, affiner les indications.
Si les données continuent à confirmer ce que l’on observe déjà (bonne efficacité, tolérance acceptable, gains de temps avec les nouvelles générations), l’échothérapie pourrait entrer durablement dans la panoplie des traitements de référence des varices de la grande saphène, aux côtés des techniques thermiques endoveineuses.
En résumé : une alternative non invasive qui confirme son potentiel
L’échothérapie par HIFU, et en particulier la technologie SONOVEIN®, représente aujourd’hui :
- une alternative non intrusive aux techniques endoveineuses classiques,
- capable de traiter les varices de la grande saphène et certaines veines perforantes,
- avec des taux d’occlusion très élevés à court et moyen terme,
- un profil de tolérance globalement favorable,
- et des progrès notables sur la durée des procédures avec les nouvelles générations d’appareil.
Pour le patient, l’intérêt principal réside dans le caractère non invasif : la veine est traitée sans être ponctionnée, ce qui change radicalement l’expérience de soin. Pour le phlébologue, la technique ouvre une nouvelle voie entre innovation technologique, confort du patient et intégration progressive en pratique courante.
Si vous souffrez de varices ou de symptômes d’insuffisance veineuse, parlez-en avec un spécialiste. Lui seul pourra analyser votre situation, interpréter votre examen écho-Doppler et vous proposer la stratégie la plus adaptée : compression, hygiène de vie, sclérothérapie, traitements thermiques endoveineux… ou, le cas échéant, échothérapie par HIFU.
FAQ – Traitement non invasif des varices de la grande saphène par échothérapie
1. Qu’est-ce que l’échothérapie par HIFU pour les varices de la grande saphène ?
L’échothérapie par HIFU (ultrasons focalisés de haute intensité) est une technique qui permet de traiter certaines varices, notamment celles de la grande saphène, sans ponction ni cathéter. L’énergie ultrasonore est concentrée sur la veine sous contrôle échographique, à travers la peau, pour chauffer de façon ciblée la paroi veineuse. Cela entraîne sa destruction contrôlée et, à terme, la fermeture de la veine malade. Le traitement se fait entièrement à distance, sans incision.
2. En quoi ce traitement est-il différent du laser ou de la radiofréquence ?
Le laser endoveineux et la radiofréquence sont des techniques thermiques endoveineuses : le médecin introduit un cathéter dans la veine, puis délivre de la chaleur de l’intérieur.
Avec l’échothérapie par HIFU, il n’y a pas de cathéter : la veine est ciblée de l’extérieur, grâce à un module qui combine échographie et ultrasons focalisés. On reste dans le principe d’un traitement thermique, mais en mode non invasif, sans effraction cutanée ni instrument dans la veine.
3. L’échothérapie est-elle aussi efficace que les autres traitements des varices ?
Les données disponibles montrent des taux d’occlusion élevés de la grande saphène à court et moyen terme après échothérapie, avec un soulagement des symptômes chez de nombreux patients. Cependant, le recul à long terme est encore plus limité que pour les techniques plus anciennes (laser, radiofréquence, sclérothérapie), qui disposent de nombreuses années de suivi.
L’échothérapie apparaît comme une alternative sérieuse et prometteuse, mais il reste nécessaire de disposer de davantage d’études comparatives et de suivis prolongés pour la situer précisément par rapport aux techniques de référence.
4. Le traitement par échothérapie est-il douloureux ?
L’un des atouts de l’échothérapie est de proposer un traitement sans ponction, ce qui limite certains inconforts liés à l’anesthésie tumescente et à l’introduction de cathéters. Pendant la procédure, certains patients ressentent néanmoins une douleur ou une sensation de chaleur lors des impacts ultrasonores.
Globalement, les études rapportent une tolérance jugée bonne à modérée, avec parfois recours à une anesthésie locale sur certains segments pour améliorer le confort. La perception de la douleur reste très variable d’une personne à l’autre, et le médecin explique en amont les options possibles pour adapter la prise en charge.
5. Qui peut bénéficier d’un traitement non invasif par échothérapie ?
La décision de recourir à l’échothérapie relève toujours d’une évaluation individuelle par un phlébologue, à partir de l’examen clinique et de l’écho-Doppler veineux.
Cette technique peut être envisagée notamment chez des patients :
- présentant des varices de la grande saphène adaptées à ce type de traitement,
- souhaitant une option non invasive,
- ou chez qui les techniques endoveineuses classiques sont techniquement moins favorables.
Certaines anatomies veineuses, comorbidités ou situations particulières peuvent au contraire rendre l’échothérapie moins indiquée. Seul un spécialiste peut trancher.
6. L’échothérapie remplace-t-elle la chirurgie ou la sclérothérapie ?
Non, l’échothérapie ne remplace pas les autres traitements : elle vient s’ajouter à l’arsenal thérapeutique du phlébologue. Selon le cas, le médecin peut proposer de la compression, de la sclérothérapie, un traitement thermique endoveineux, une chirurgie limitée, ou une échothérapie.
Le choix dépend de nombreux paramètres : type de varices, trajet veineux, symptômes, antécédents, âge, attentes du patient, etc. L’échothérapie est une option intéressante dans certains scénarios, mais ce n’est pas la solution unique à toutes les situations d’insuffisance veineuse.